Ne négligez surtout pas les loisirs et les qualités personnelles dans votre CV (par Virginie Ferrouillat)

Ne négligez surtout pas les loisirs et les qualités personnelles dans votre CV

par Virginie Ferrouillat

Membre d’une équipe de badminton, bénévole dans une association, pianiste…. Les activités extra-professionnelles sont à valoriser dans une candidature.

Trouver un stage, dénicher une alternance, décrocher son premier job ou changer de poste en cours de carrière suppose de passer par la case incontournable de rédaction du CV pour rentrer dans le jeu du recrutement. C’est ce document qui permettra aux candidat·es de présenter synthétiquement à l’entreprise dans laquelle il ou elle postule son déroulement de la vie, pour reprendre l’étymologie latine du mot curriculum vitae.

De manière concrète, on retrouve dans un CV la formation et les expériences professionnelles qui permettent de faire le lien entre l’offre et la demande sur un marché du travail très concurrentiel. D’autres rubriques doivent également y figurer: la fiche signalétique avec les moyens de contact, une photographie professionnelle, les compétences en langues et informatiques (souvent regroupées), ainsi que… les fameux centres d’intérêt.

Illustrer son savoir-être

Les deux premières rubriques, évidemment incontournables, à savoir formations et expériences professionnelles, permettent de prouver connaissances et savoir-faire. Mais dans ce duo, il manque une dimension importante pour retenir l’attention, se valoriser et se différencier: le savoir-être. Ce savoir-être est le troisième pilier qui apporte de la cohérence et de la stabilité à la candidature, à l’instar du trépied pour un photographe.

Pour valoriser ce savoir-être, nul besoin de lister les soft skills(compétences comportementales) que l’on pense détenir. Il ne s’agit pas d’écrire simplement que vous êtes par exemple organisé·e, mais bien de le prouver. Raconter un projet que vous avez mené en insistant sur les résultats obtenus illustrera les soft skills que vous êtes capable de mobiliser et retiendra donc davantage l’attention de la personne qui recrute.

« Comprendre les soft skills », interview de Laure Bertrand, directrice des Soft Skills de l’EMLV (vidéo Xerfi canal, 2017).

Comme ces expériences peuvent tout aussi bien avoir eu lieu dans un cadre professionnel que personnel, la rubrique centres d’intérêt peut fournir de précieuses informations qui pourront interpeller et servir de base de discussion lors d’un éventuel entretien d’embauche.

Cette catégorie du CV est donc à soigner, elle permet d’identifier ce qui est au cœur même de la personne. Les centres d’intérêt expriment ce qui lui importe, ce par quoi elle est concernée, l’attention qu’elle porte à quelqu’un ou à quelque chose. Il ne s’agit pas de rentrer dans l’intime du ou de la candidat·e, mais de cerner ses sujets de curiosité, de connaître ses valeurs.

Aujourd’hui, 62 % des managers se disent prêt·es à recruter un collaborateur principalement pour ses soft skills. Il est donc essentiel de ne pas délaisser cette rubrique et de la travailler tout aussi sérieusement que les autres parties du CV, même si elle figure généralement en bas de page.

Soigner le visuel

Attention à la tendance très répandue d’illustrer une idée uniquement par des symboles et autres dessins. Que signifie le sigle ✈? Vous êtes passionné·e d’avion de guerre et vous construisez des maquettes, preuve de votre précision et de votre minutie? Vous avez passé votre brevet après des études de management et vous pilotez des avions de tourisme, preuve de votre ténacité et de votre responsabilité? Vous voyagez pour partir à la découverte d’autres cultures et parler la langue du pays, preuve de votre curiosité culturelle et de votre maîtrise de langues rares ? Ou vous avez la chance d’avoir suivi votre famille dans des vacances farniente à l’autre bout du monde ?

Si le visuel passe avant le contenu, vous perdez celui ou celle qui vous fait passer l’entretien: il ou elle n’a pas le temps de mener l’enquête et de déchiffrer le message codé. Aujourd’hui, la personne qui étudie votre candidature passe en moyenne trente-quatre secondes pour lire un CV. Conseil: il faut nommer ses centres d’intérêt et les expliciter de manière efficace.

Par exemple, la musique est certainement un loisir partagé par beaucoup. Mais ne citer que le mot musique dans la rubrique ne vous aidera pas pour vous distinguer d’un·e autre candidat·e. Indiquez plutôt que la pratique de la guitare depuis plusieurs d’années en solo puis dans un groupe vous a permis de développer une faculté d’écoute. Cette activité dans la durée témoignera aussi de votre capacité à vous engager. Vous pouvez aussi parler de votre intérêt pour la publicité et la musique, ou comment vous vous êtes intéressé·e à la musique classique en étudiant des publicités.

Parler longuement, sans mentir

Les sujets sur lesquels on peut échanger sont donc nombreux puisqu’ils dépendent de chacun: la pratique régulière d’une activité sportive, la connaissance approfondie d’une période de l’histoire, la participation à des compétitions sportives, une pratique artistique (musique, peinture, photographie), l’engagement dans une association, la réalisation d’un projet humanitaire…

Il s’agit de mettre en avant un atout personnel dont on peut parler longuement et avec passion. Ne mentez surtout pas: si on vous interroge sans que vous puissiez démontrer votre intérêt et votre connaissance du sujet, vos chances d’embauche peuvent être réduites à néant en quelques secondes.

Un centre d’intérêt doit donc être accompagné d’une brève description de l’expérience et des résultats obtenus. À partir de là, le recruteur ou la recruteuse va s’attacher à repérer des qualités personnelles transférables à un cadre professionnel. Ce n’est pas tant la compétence technique que la compétence comportementale associée qui devient donc importante.

Les managers trouveront certainement dans les centres d’intérêt le top trois des compétences qu’ils recherchent. C’est-à-dire: travailler en équipe (si vous avez pratiqué un sport collectif qui a remporté des titres), fiabilité (si vous êtes bénévole depuis longtemps dans une association carritative) et autonomie (si vous avez effectué des voyages lointains seul·e).

Pour exprimer au mieux ces aspects propres à sa personnalité, tout est affaire de connaissance de soi et de préparation. Donc un autre thème à préparer avant de passer un entretien.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation puis publiée sur Slate.

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